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La Convention CAMLR et le système du Traité sur l'Antarctique

La faune marine des eaux entourant l'Antarctique est exploitée depuis 1790, date à laquelle les chasseurs ont commencé à traquer les otaries pour leur fourrure. Vers 1825, alors que certaines populations d'otaries étaient proches de l'extinction, les chasseurs se sont tournés vers les éléphants de mer et certaines espèces de manchots pour leur huile.

La chasse à la baleine dans les eaux entourant l'Antarctique a débuté en 1904 et sept espèces de baleines ont fait l'objet d'une exploitation intensive.

La pêche à grande échelle de poisson a commencé vers la fin des années 1960, ciblant des espèces telles que le poisson des glaces (Champsocephalus gunnari), la bocasse marbrée (Notothenia rossii) et la bocasse de Patagonie (Patagonotothen guntheri). À la fin des années 1970, plusieurs espèces étaient victimes de surpêche dans certaines zones.

La pêche au krill a commencé au milieu des années 1970 et, dès 1980, plus de 400  000 tonnes étaient capturées chaque année. Le krill est une espèce clé dans l'écosystème de l'Antarctique, car les oiseaux marins, les phoques et les cétacés en dépendent pour leur alimentation.

En 1978, les inquiétudes suscitées par l'intensification de la pêche et ses répercussions sur l'écosystème dans son ensemble ont conduit les Parties consultatives au Traité  sur l'Antarctique à organiser une conférence sur la conservation des ressources marines vivantes de l'Antarctique. Les participants à la conférence ont adopté la Convention sur la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique, qui a été signée à Canberra, en Australie, le 20 mai 1980, et est entrée en vigueur le 7 avril 1982.  La Convention a pour objet et pour but, tels qu’énoncés à l'article II, la conservation des ressources marines vivantes de l’Antarctique, notamment leur utilisation rationnelle. Elle trouve son origine dans le cadre plus large du système du Traité sur l'Antarctique. Elle constitue le fondement de la conservation de la faune et de la flore marines dans les eaux entourant l'Antarctique, tout en reconnaissant les responsabilités premières des Parties consultatives au Traité en matière de protection et de préservation de l'environnement antarctique et, en particulier, leurs responsabilités au titre de l’article IX, paragraphe 1, point f) en ce qui concerne la préservation et la conservation de la faune et de la flore sur le continent antarctique.

Le champ d'application de la Convention s'étend à toutes les eaux et à toutes les espèces marines vivantes situées au sud de la convergence antarctique. C’est à cet endroit que l’on observe une augmentation brusque de la température de l'eau de mer circulant du sud vers le nord, là où les eaux froides de l'Antarctique rencontrent les eaux tempérées plus chaudes. Cela crée une frontière écologique unique autour des eaux entourant l'Antarctique. 

La responsabilité  de la CCAMLR en matière de gestion durable des captures s'étend à toutes ces ressources, à l'exception des baleines et des phoques. En ce qui concerne la chasse à la baleine et au phoque, qui n’ont pas lieu dans les eaux entourant l’Antarctique, la CCAMLR considère qu’elles relèvent respectivement de la Convention internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine et de la Convention pour la protection des phoques de l’Antarctique. Elle tient toutefois compte du rôle et du bien-être de ces espèces au sein de l’écosystème lorsqu’elle prend ses décisions en matière de gestion.

La CCAMLR est une organisation de conservation présentant certaines des caractéristiques d’une organisation régionale de gestion de la pêche. Toutefois, et contrairement aux organisations régionales, les responsabilités de la CCAMLR englobent la gestion de la pêche, mais vont également au-delà, étant donné que la conservation, y compris une utilisation rationnelle, constitue son objectif principal. 

Impressions of Antarctic ice, taken during the Polarstern expedition ANT-XXIX/2.
© Alfred Wegener Institut