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Écosystèmes et climat

Gestion écosystémique

L’objectif de la Convention, tel que décrit à l’article II de la Convention CAMLR, est la conservation des ressources marines vivantes de l'Antarctique, le terme « conservation » incluant la notion d'utilisation rationnelle. L’article II alinéa 3 énonce comme suit les principes de conservation visant à atteindre l'objectif de la Convention :

a) prévenir toute diminution d’une population exploitée par des volumes de capture inférieurs au niveau nécessaire au maintien d’un recrutement stable. À cette fin, il ne sera pas permis que ce volume soit inférieur à un niveau proche de celui qui garantit l'accroissement maximum annuel net de la population ; 

b) maintenir les relations écologiques entre les populations exploitées, dépendantes et voisines des ressources marines vivantes de l'Antarctique et permettre la reconstitution des populations décimées aux niveaux définis à l’alinéa a) susmentionné ; et 

c) prévenir les modifications ou minimiser les risques de modifications au sein de l'écosystème marin qui ne seraient pas potentiellement réversibles en deux ou trois décennies, compte tenu de l'état des connaissances disponibles sur les répercussions directes ou indirectes de l'exploitation, de l'effet de l'introduction d'espèces exogènes, des impacts des activités connexes sur l'écosystème marin ainsi que des changements environnementaux, dans le but de permettre la conservation durable des ressources marines vivantes de l'Antarctique. 

La Convention s'applique à toutes les ressources marines vivantes présentes au sud de la convergence antarctique, à l'exception de la gestion ou de la capture des baleines et des pinnipèdes. Bien que toute exploitation des baleines et des phoques soit réglementée par d'autres organisations, la CCAMLR tient compte de ces espèces lorsqu'elle prend ses décisions de gestion. La CCAMLR a adopté un ensemble complet de mesures en faveur de la conservation des ressources marines vivantes de l'Antarctique, dont une grande partie concerne la gestion des pêcheries dans la zone de la Convention.

La CCAMLR applique une approche écosystémique à la gestion des pêcheries en tenant explicitement compte des effets sur l'écosystème lors de la gestion des pêcheries visées. Elle dispose pour cela d’un certain nombre d’outils, définis à l’article IX de la Convention. Elle utilise par ailleurs les meilleures informations scientifiques disponibles, issues d’une collecte et d’un suivi améliorés des données, du Système international d'observation scientifique (SISO), du Programme de contrôle de l'écosystème de la CCAMLR (CEMP), du Programme de suivi des débris marins, des évaluations des stocks, des évaluations des risques et enfin des avis émis ultérieurement par ses groupes de travail scientifiques, afin d'éclairer les décisions concernant l'utilisation de dispositifs tels que :

  • la restriction d’engins de pêche (chalutage de fond interdit dans les secteurs de haute mer) ;

  • les zones fermées (AMP, ZSPA, ZSGA, zones d’études spéciales, zones fermées, restrictions de profondeur) ;

  • les saisons fermées dans certaines régions ;

  • des limites de capture dans certaines régions ;

  • l’interdiction des rejets de la pêche ;

  • la protection environnementale (contrôle de la pollution et des espèces envahissantes) ;

  • des limites de capture accessoire dans certaines régions ;

  • la limitation des interactions avec les espèces protégées (oiseaux et mammifères marins) ;

  • des limites en matière de taille, d’âge ou de sexe (p. ex. pour les crabes ou les légines).

 

Changement climatique

La CCAMLR observe l’impact potentiel du changement climatique sur les écosystèmes marins de l’Antarctique depuis les années 1990. Le changement climatique figure à l'ordre du jour de la Commission depuis 2008. La CCAMLR a adopté deux résolutions concernant la gestion face au changement climatique : la résolution 30/XXVII en 2009, puis la résolution 36/41 en 2022. Ces engagements de haut niveau visent à intégrer les données scientifiques relatives au changement climatique à l'ensemble des activités de la CCAMLR, et prévoient la prise en compte de ses impacts afin de mieux éclairer les décisions de gestion de la CCAMLR. 

Parmi les mesures de conservation contribuant à la gestion écosystémique face au changement climatique se trouvent la mesure de conservation (MC) 91-04 (2011), et la mesure de conservation 24-04 (2017).

Chaque groupe de travail scientifique a désormais pour mandat explicite de prendre en compte les effets du changement climatique dans l'élaboration de ses avis destinés au Comité scientifique sur la gestion des ressources marines.

En 2023, la CCAMLR a organisé un Atelier sur le changement climatique (WS-CC-2023), dont l’objectif était d’examiner la manière dont la CCAMLR tient actuellement compte du changement climatique dans sa gestion, les moyens dont elle dispose pour surveiller les effets de ce phénomène, ainsi que les mesures qu'elle pourrait prendre à l’avenir pour y faire face. Lors de cet atelier, les discussions ont notamment porté sur l’importance des facteurs suivants : 

a) les différents stades du cycle vital afin de mieux comprendre les effets du changement climatique sur les espèces ; 

b) les indicateurs et les paramètres appropriés afin d’évaluer le statut des ressources marines vivantes de l’Antarctique ; 

c) les déplacements potentiels des aires de répartition et l’évolution des intérêts commerciaux dus au changement climatique. 

Le Comité scientifique a identifié un certain nombre d’actions à court, moyen et long terme qui permettraient de poursuivre ces travaux (SC-CAMLR-42, tableaux 6a-c), dont des actions spécifiques pour ses groupes de travail. Par exemple, afin d'intégrer les considérations liées au changement climatique dans les évaluations des stocks de légine, une liste de paramètres et de processus (notamment la croissance, la mortalité et la structure du stock) susceptibles d'être influencés par la variabilité du milieu ou le changement climatique a été établie, accompagnée d'un programme de travail visant à contrôler et évaluer toute modification. Ces résumés sont désormais disponibles dans les Rapports de pêcherie de chaque zone.