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Écosystèmes marins vulnérables

L'expression « écosystèmes marins vulnérables » (EMV) désigne des écosystèmes ou des habitats spécifiques, souvent liés aux fonds marins, qui peuvent être vulnérables à la pêche ou à d'autres activités anthropiques. Leur vulnérabilité découle non seulement des risques d’incidence auxquels ces milieux sont exposés, mais aussi du fait qu'ils se remettent très lentement des perturbations subies. Ils sont en outre rares, fragiles, d'une structure complexe ou d'une importance cruciale pour le fonctionnement des écosystèmes. La CCAMLR inclut dans la définition des écosystèmes marins vulnérables les hauts-fonds, les cheminées·hydrothermales, les coraux d'eaux froides et les champs d'éponges. 

Afin de protéger les écosystèmes, les espèces et les habitats associés aux fonds marins, la CCAMLR a interdit le chalutage de fond et l'utilisation de filets maillants dans toutes les zones de haute mer situées dans la zone de la Convention. En ce qui concerne les palangres et les casiers, la pêche de fond est interdite dans les eaux dont la profondeur est inférieure à 550 m tout autour du continent antarctique, ce qui correspond approximativement à la profondeur du plateau continental antarctique, afin de protéger les écosystèmes benthiques du plateau. 

Même lorsque ces pêcheries sont autorisées, les écosystèmes marins vulnérables bénéficient d'une protection spécifique. Les mesures de conservation (MC) 22-06 et 22-07, adoptées respectivement en 2007 et 2008, exigent une évaluation préliminaire de l'impact des activités prévues sur les écosystèmes marins vulnérables (EMV), offrent des mécanismes permettant de répertorier les EMV mis en évidence par la recherche scientifique ou à la suite de contacts avec des engins de pêche, et interdisent la pêche dans les EMV ou dans les zones où il existe un risque élevé de présence d'EMV. 

Les mesures prises par la CCAMLR s'inspirent des meilleures pratiques internationales, notamment les  résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies relatives aux EMV et les Directives de la FAO sur la gestion de la pêche profonde en haute mer.

Les engins de pêche tels que les palangres ou les casiers ne sont pas conçus pour prélever des échantillons relatives aux organismes benthiques, mais les captures accidentelles de taxons indicateurs d’EMV fournissent des informations utiles sur la répartition des EMV. L'approche adoptée par la CCAMLR a donc été d'équilibrer l'acquisition d'informations sur les EMV avec la nécessité d'appliquer des mesures de précaution visant à éviter les incidences négatives importantes sur les EMV.

Les procédures que doivent suivre les navires pour assurer le suivi et signaler toute découverte potentielle d'EMV au cours de la pêche de fond sont décrites dans la MC 22-07. En vertu de ces procédures, les navires de pêche sont tenus de collecter et de signaler toutes les captures d'une série de « taxons indicateurs d’EMV » décrits dans le Guide CCAMLR de classification des taxons des EMV. Ces données sont fournies avec une haute résolution spatiale pour chaque segment de palangre (environ 1 km). Si un nombre seuil de taxons indicateurs d'EMV est détecté sur un segment de ligne, une zone à risque d'EMV est déclarée dans un rayon d'un mille marin autour du point central dudit segment et la pêche est immédiatement suspendue dans cette zone jusqu'à ce que le Comité scientifique procède à son évaluation. 

Les zones à risque d’EMV et les EMV recensés dans le cadre d'activités de recherche sont répertoriés et ces informations sont mises à la disposition du public dans le Registre des EMV de la CCAMLR. En 2024, plus de 60 EMV avaient été recensés dans le cadre d'activités de recherche et plus de 80 zones à risque d'EMV avaient été repérées lors d'activités de pêche. Toutes ces zones sont désormais fermées à la pêche.